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Hypnose et victimologie

Des pensées tenaces et aliénantes

Livre-lui tes pensées. Des pensées que tu ne dis pas, ce sont des pensées qui pèsent, qui s’incrustent, qui t’alourdissent, qui t’immobilisent, qui prennent la place des idées neuves et qui te pourrissent. Tu vas devenir une décharge à vieilles pensées qui puent si tu ne parles pas…

Oscar et la dame rose

Une douleur ineffable

Tel est le message de Mamie-Rose à Oscar. Dire, oser se livrer pour ne pas devenir  » une décharge à vieilles pensées qui puent « . Mais ce n’est pas si simple. Parfois les mots sont impuissants pour caractériser un mal qui ronge, qui emmure. Un mal indicible, parce que les mots blessés sont d’abord ceux qui caractérisent la victime qu’elle soit reconnue comme telle, en puissance de l’être, ou qui s’ignore. Chacun de nous, peut potentiellement le devenir. Force est alors de comprendre que la victime est avant tout une personne qui souffre, et qui pâtit d’un déterminisme événementiel ou répétitif.

Deux sortes de Victimes

Nous pouvons être victime et traumatisé sans être atteint physiquement ou être la cible de l’événement. Aussi devons-nous distinguer deux catégories de victimes. Celles qui sont directement et visiblement touchées, mais aussi les impliqués et les victimes indirectes qui n’ont peut être rien fait d’autre que d’être témoin et présents lors de l’événement ou d’avoir appris un deuil. Toutes sont en puissance de l’être à la première réminiscence. En conséquence, il nous faut reconnaître l’importance du dire, parce que « des pensées que tu ne dis pas, ce sont des pensées qui pèsent, qui s’incrustent, qui t’alourdissent, qui t’immobilisent, qui prennent la place des idées neuves et qui te pourrissent…« .

Qu’est-ce qu’un traumatisme ?

Nous pouvons donc définir le traumatisme comme une effraction imprévisible qui reste le plus souvent inexplicable. Il sort le sujet de sa réalité et le place dans l’indescriptible, là, où la rationalité perd toute sa pertinence et devient incompréhensible pour les autres. Métaphoriquement nous pouvons le comparer à une éruption volcanique se traduisant par une coulée de lave qui peut, soit devenir stérile comme une pierre ponce, soit être source de transcendance par une cristallisation qui peut donner naissance à des pierres rares et précieuses : des noyaux de résilience. Ceux-ci serait donc une capacité naturelle permettant à l’individu d’accéder à ses propres ressources, et ainsi s’autoriser à réaliser ses potentiels. Mais paradoxalement la résilience est inégale entre les individus.

Un nouveau départ

En effet, certains sujets disposent des ressources nécessaires à leurs rebondissements, d’autres n’ont pas cette capacité. Aussi notre thèse sera de montrer que si ces ressources existent, l’hypnose peut devenir un activateur de résilience sans que l’on puisse affirmer pour autant que chaque traumatisme est source de résilience et que celle-ci n’existe pas en dehors du traumatisme. Et comme il est impératif de se débarrasser du magma stérile après la coulée de lave, il devient nécessaire d’éradiquer nos pensées pétrifiantes et stériles, pour laisser émerger des pensées neuves, scintillantes et colorées en forme de joyaux : les noyaux de résilience**.

* Schmitt. Eric-Emmanuel, Oscar et la dame rose, Albin Michel, Paris, 2002, p 20.
** La capacité à réussir, à vivre et à se développer positivement, de manière socialement acceptable, en dépit du stress ou d’une adversité qui comporte normalement le risque grave d’une issue négative.